Aucun texte n’impose un type de VMC en construction neuve. La RE2020 fixe des résultats à atteindre, pas une technologie : le choix entre simple flux hygroréglable, double flux et double flux thermodynamique se joue dans l’étude thermique, puis se valide en fin de chantier lors de la vérification obligatoire des systèmes de ventilation. Stéphane Loiseau, responsable technique de VMC Solutions à Bègles, détaille ici ce que la réglementation exige réellement, ce qu’elle laisse à l’appréciation du bureau d’études, et les défauts qui font échouer le contrôle avant réception.
En bref
- Aucune VMC n’est imposée : la RE2020 raisonne en indicateurs (Bbio, Cep, Cep,nr, DH, Ic construction), pas en équipements.
- En maison individuelle, la simple flux hygroréglable type B reste la solution la plus courante et suffit à passer l’étude thermique dans la majorité des projets.
- La double flux se justifie sur les maisons compactes, très isolées, ou quand l’étude thermique manque de marge sur le Cep. Elle pèse en revanche sur l’Ic construction et sur les consommations d’auxiliaires.
- Le vrai changement RE2020 : depuis les permis déposés au 1er janvier 2022, la vérification du système de ventilation est obligatoire avant réception, avec mesure des débits par un opérateur autorisé.
Ce que la RE2020 exige vraiment de la ventilation
Beaucoup d’articles attribuent à la RE2020 l’ensemble des règles de ventilation. C’est inexact, et cette confusion mène à des choix mal arbitrés. Trois textes se superposent, chacun avec son domaine.
Qui dit quoi : 1982, DTU 68.3, RE2020
- L’arrêté du 24 mars 1982 fixe le principe de la ventilation générale et permanente et les débits d’extraction minimaux par pièce. C’est lui, et non la RE2020, qui commande le dimensionnement.
- Le DTU 68.3 et l’Avis Technique du système retenu encadrent la pose : implantation des bouches en partie haute des pièces de service, entrées d’air en pièces principales, détalonnage des portes, position du rejet en toiture, longueurs et rayons de courbure des gaines.
- La RE2020 intervient sur la performance globale et sur le contrôle final. Elle ne prescrit ni marque, ni technologie, ni cote d’implantation.
Les débits réglementaires restent donc ceux de 1982, qu’un système hygroréglable module ensuite à la baisse selon l’humidité, dans les limites de son Avis Technique.
| Logement | Cuisine | Salle de bains | WC |
|---|---|---|---|
| T1 | 75 m³/h | 15 m³/h | 15 m³/h |
| T2 | 90 m³/h | 15 m³/h | 15 m³/h |
| T3 | 105 m³/h | 30 m³/h | 15 m³/h |
| T4 | 120 m³/h | 30 m³/h | 30 m³/h |
| T5 et plus | 135 m³/h | 30 m³/h | 30 m³/h |
L’étanchéité à l’air, condition de fonctionnement de la VMC
La RE2020 maintient le seuil de perméabilité issu de la RT2012 : 0,6 m³/(h·m²) sous 4 Pa pour une maison individuelle, 1,0 m³/(h·m²) en logement collectif, mesuré par test d’infiltrométrie. Ce n’est pas une exigence de ventilation, mais elle en conditionne le fonctionnement : dans une enveloppe étanche, l’air entre uniquement par les entrées d’air prévues. Une maison qui fuit voit ses débits se déséquilibrer, certaines pièces sous-ventilées et d’autres balayées en permanence.
Où la VMC pèse dans le calcul réglementaire
Le système de ventilation intervient sur plusieurs indicateurs à la fois, et pas toujours dans le même sens. C’est ce qui rend le choix moins évident qu’il n’y paraît :
- Bbio : les déperditions par renouvellement d’air pèsent sur le besoin bioclimatique. Une modulation hygroréglable ou une récupération de chaleur les réduisent.
- Cep et Cep,nr : la récupération de chaleur diminue le besoin de chauffage, mais la consommation électrique des moteurs est comptée en auxiliaires. Une double flux mal dimensionnée, avec des pertes de charge élevées, peut annuler une partie de son propre gain.
- DH (degrés-heures d’inconfort d’été) : c’est l’indicateur le plus souvent négligé. Une double flux équipée d’un bypass permet la surventilation nocturne et fait gagner des points là où la simple flux n’apporte rien.
- Ic construction : le réseau double flux, plus long, isolé et doublé, alourdit l’empreinte carbone de la construction. Sur un projet déjà tendu sur cet indicateur, l’arbitrage n’est pas neutre.
Autrement dit, le bon système est celui que valide votre étude thermique, pas celui qui affiche le meilleur rendement sur une plaquette.
La vérification obligatoire des systèmes de ventilation
C’est la véritable nouveauté de la RE2020 en matière de ventilation, et celle qui bloque le plus de chantiers. Pour tout bâtiment d’habitation neuf dont le permis a été déposé depuis le 1er janvier 2022, la vérification du système de ventilation est obligatoire, selon le protocole annexé à l’arrêté du 4 août 2021.
La motivation est documentée : sur les campagnes de contrôle menées à l’époque de la RT2012, environ trois quarts des opérations présentaient au moins un défaut sur l’installation de ventilation. Le législateur a donc rendu le contrôle systématique plutôt que déclaratif.
Deux voies possibles
- La vérification par un opérateur autorisé, formé et reconnu compétent par le ministère chargé de la construction, indépendant des intervenants du chantier. La qualification Qualibat 8741 atteste de cette compétence.
- L’application d’une démarche qualité ventilation agréée par le ministère, sur le modèle de ce qui existe pour l’étanchéité à l’air, portée par l’entreprise ou le constructeur.
Ce qui est contrôlé
Le protocole se déroule en trois temps, une fois l’installation posée, raccordée et réglée :
- Pré-inspection : conformité du matériel aux références de l’étude thermique, présence des documents, accessibilité du caisson.
- Vérifications fonctionnelles : état et parcours du réseau, calorifugeage en volume non chauffé, absence de gaine pincée ou écrasée, piquages non utilisés obturés, entrées d’air présentes et non obstruées, détalonnage des portes, rejet en toiture conforme.
- Mesures fonctionnelles : relevé des débits et des pressions aux bouches, selon la méthode de la norme NF E51-777, comparés aux valeurs de l’Avis Technique du système.

L’opérateur conclut à la conformité ou à la non-conformité de l’installation. Un rapport défavorable impose la reprise des travaux avant réception, et les résultats alimentent l’Observatoire national de la ventilation. Un diagnostic VMC en Gironde réalisé avant le passage de l’opérateur permet de corriger les écarts pendant que les combles sont encore accessibles, plutôt qu’après la pose des cloisons.
| Défaut relevé | Origine fréquente | Conséquence |
|---|---|---|
| Débit hors plage à une bouche | Gaine trop longue, coudes multiples, bouche non conforme à l’ATec | Non-conformité, reprise du réseau |
| Gaine pincée ou écrasée | Passage sous isolant, circulation dans les combles | Perte de débit, bruit, reprise |
| Absence de calorifugeage | Réseau en comble non chauffé posé nu | Condensation, dégradation du plafond |
| Piquage non obturé | Réserve prévue puis abandonnée | Fuite d’air, débits faussés |
| Caisson inaccessible | Absence de trappe ou de chemin de circulation | Contrôle impossible, entretien impossible |
| Condensats non raccordés | Double flux posée sans évacuation | Écoulement dans les combles, panne |
Ces points recoupent en grande partie les risques d’une VMC non conforme constatés en rénovation, à ceci près qu’en neuf ils sont désormais relevés noir sur blanc dans un rapport.
Simple flux, double flux ou thermodynamique : comment arbitrer
La simple flux hygroréglable type B
L’extraction est mécanique dans les pièces de service, l’air neuf entre par des entrées d’air en façade ou en menuiserie. En type B, entrées d’air et bouches sont toutes deux hygroréglables : le débit suit l’humidité produite par les occupants, ce qui réduit les déperditions par rapport à un système autoréglable.
C’est la solution majoritaire en maison individuelle RE2020, pour trois raisons : elle passe l’étude thermique sur la plupart des projets, elle consomme peu en auxiliaires avec un moteur à courant continu, et elle reste sobre en matériaux donc en Ic construction. Son entretien se limite au nettoyage des bouches et des entrées d’air. Voir notre page installation de VMC simple flux en Gironde.
La double flux à haut rendement
Deux réseaux, un échangeur, et une récupération de chaleur sur l’air extrait. Les échangeurs à contre-courant récents annoncent 85 à 92 % de rendement en conditions d’essai ; la valeur retenue dans le calcul réglementaire est celle de l’Avis Technique du système, sensiblement inférieure au chiffre commercial une fois les débits réels et les pertes du réseau intégrés.
Ses arguments réels : de l’air neuf filtré, ce qui compte en zone urbaine ou pour un occupant sensible aux pollens, l’absence d’entrées d’air en façade donc un meilleur confort acoustique, et le bypass estival qui joue sur les DH. Le retour sur investissement sur la seule facture de chauffage reste long, souvent au-delà de quinze ans en maison neuve bien isolée : ce n’est pas l’argument à retenir. Elle exige en contrepartie un réseau soigné, un emplacement pensé dès les plans, une évacuation des condensats et un remplacement de filtres régulier. Détails sur notre page installation de VMC double flux en Gironde.
La double flux thermodynamique, à ne pas confondre
Deux équipements très différents portent des noms voisins, et la confusion est fréquente :
- La VMC double flux thermodynamique intègre une pompe à chaleur sur le réseau, en aval de l’échangeur, pour chauffer ou rafraîchir l’air soufflé. Elle ventile et participe au chauffage.
- Le chauffe-eau thermodynamique sur air extrait récupère l’énergie de l’air vicié pour produire l’eau chaude sanitaire. Il ne ventile pas le logement à lui seul et se couple à une VMC.
Dans les deux cas, l’intérêt dépend entièrement de l’équilibre trouvé dans l’étude thermique. Nous détaillons les configurations possibles sur notre page consacrée au couplage d’une VMC avec une pompe à chaleur.
| Système | Récupération de chaleur | Budget indicatif, 120 m² | À privilégier quand |
|---|---|---|---|
| Simple flux autoréglable | Aucune | 1 500 à 2 500 € | Budget contraint, étude thermique confortable |
| Simple flux hygroréglable type B | Aucune, mais débits modulés | 2 000 à 3 500 € | Cas le plus courant en maison individuelle neuve |
| Double flux à flux croisés | Environ 70 à 80 % | 4 000 à 7 000 € | Recherche de confort et d’air filtré |
| Double flux à contre-courant | 85 à 92 % | 6 000 à 10 000 € | Maison compacte très isolée, marge faible sur le Cep, enjeu de DH |
| Double flux thermodynamique | 85 à 92 % plus appoint PAC | À partir de 9 000 € | Projet où la ventilation porte une part du chauffage |
Réussir la pose et passer le contrôle
Une installation conforme se joue avant l’arrivée de l’opérateur de contrôle. Quatre étapes structurent le chantier.
| Étape | Ce qui se décide | En cas d’écart |
|---|---|---|
| Étude thermique | Type de système, références matériel, tracé du réseau | Matériel posé différent du matériel calculé, non-conformité |
| Réservations et pose | Local du caisson (garage, buanderie, cellier), passage des gaines, alimentation, condensats | Contrôle et entretien impossibles |
| Réseau aéraulique | Longueurs, coudes, fixations, calorifugeage, obturation des piquages | Débits hors plage, condensation, bruit |
| Mise en service | Équilibrage, réglages, mesures de réception | Sous-ventilation, surconsommation, inconfort |
Où poser le caisson : le garage et la buanderie plutôt que les combles
Sur nos chantiers, la grande majorité des groupes double flux sont installés en volume chauffé ou tempéré : garage, buanderie, cellier, parfois un placard technique. Ce n’est pas un choix de confort d’installateur, c’est ce qui règle d’un coup quatre contraintes du protocole de vérification.

- L’accessibilité : le caisson est visible, debout, à hauteur d’homme. L’opérateur de contrôle y accède sans platelage ni trappe, et l’occupant change ses filtres sans monter dans les combles.
- Les condensats : l’évacuation se raccorde directement au réseau d’eaux usées de la buanderie, avec un siphon accessible. En comble perdu, il faut créer une descente et un point de rupture, et c’est là que naissent les fuites au plafond.
- Le calorifugeage : hors comble, le réseau court en ambiance tempérée sur une partie de son parcours, ce qui limite les longueurs à isoler et le risque de condensation sur les gaines de soufflage.
- L’acoustique : un garage ou une buanderie éloigne la source de bruit des chambres, à condition de désolidariser le caisson du mur et de traiter les premiers mètres de gaine.
Deux réserves tout de même. Un garage non chauffé reste un volume froid en hiver : le caisson doit y être prévu pour, et les gaines qui le traversent restent à calorifuger. Et l’emplacement se décide au moment des plans, pas au moment de la pose : il faut réserver le passage des gaines vers l’étage, prévoir l’alimentation électrique et garder un dégagement suffisant devant les trappes de filtres. Un caisson posé au fond de combles perdus, sans trappe ni platelage, rend à l’inverse la vérification RE2020 impossible et condamne l’entretien pour les vingt années suivantes.
Entretenir l’installation dans la durée
La conformité constatée à la réception ne vaut que pour le jour du contrôle. Un réseau encrassé perd ses débits en quelques années, et avec eux la qualité d’air qui justifiait l’investissement. Cet entretien conditionne aussi la performance retenue au diagnostic de performance énergétique lors d’une future vente.
| Opération | Simple flux | Double flux |
|---|---|---|
| Nettoyage des bouches et entrées d’air | 2 fois par an | 2 fois par an |
| Remplacement des filtres | Sans objet | Tous les 3 à 6 mois |
| Contrôle des débits | Tous les 2 à 3 ans | Annuel |
| Nettoyage de l’échangeur | Sans objet | Tous les 2 ans |
| Vérification du réseau | Tous les 5 ans | Tous les 5 ans |
En habitat collectif, ces opérations relèvent d’obligations d’entretien encadrées et engagent la responsabilité du syndic. Pour un logement individuel, un contrat d’entretien de VMC en Gironde suffit généralement, et le pilotage domotique permet de suivre l’encrassement des filtres sans monter dans les combles.
Pour aller plus loin : choisir sa VMC pour une maison, calculer les débits réglementaires et estimer le prix d’une installation. Le protocole officiel de vérification des systèmes de ventilation RE2020 est consultable sur le portail des réglementations du ministère.
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Oui. Pour tout logement neuf dont le permis a été déposé depuis le 1er janvier 2022, la vérification du système de ventilation est obligatoire avant réception : pré-inspection, vérifications fonctionnelles et mesures de débits aux bouches. Elle est réalisée soit par un opérateur autorisé reconnu compétent par le ministère, soit dans le cadre d’une démarche qualité agréée.
Non. Elle n’est ni obligatoire, ni systématiquement avantageuse : la consommation de ses deux moteurs est comptée en auxiliaires dans le Cep, et son réseau alourdit l’indicateur carbone Ic construction. Elle reste très pertinente pour la qualité d’air, l’acoustique et le confort d’été grâce au bypass.
Le plus souvent en garage, buanderie ou cellier plutôt qu’en combles perdus : le caisson reste accessible pour le changement des filtres et pour la vérification RE2020, les condensats se raccordent facilement aux eaux usées et le bruit s’éloigne des chambres. L’emplacement se décide au moment des plans, pour réserver le passage des gaines et l’alimentation électrique.
La RE2020 maintient une perméabilité maximale de 0,6 m³/(h·m²) en maison individuelle et 1,0 m³/(h·m²) en logement collectif. Dans une enveloppe étanche, l’air entre uniquement par les entrées d’air prévues : les débits ne sont maîtrisés que si le réseau est étanche et correctement dimensionné.
Le rapport de vérification conclut à la non-conformité et les travaux doivent être repris avant réception : reprise du réseau, remplacement de bouches, création d’une trappe d’accès. S’y ajoutent les désordres classiques d’une ventilation défaillante, humidité, moisissures et surconsommation.


